Mes écouteurs sont battus et jaunis
Formant des nœuds au fond de ma poche
Ils jouent en boucle mille mélodies
Au rythme frénétique de quadruple croches
Mon cœur qui auparavant battait la cadence
Désormais se lamente et m'empêche d'avancer
Ses contractions suivant le pas de danse
De la longue valse d'un corps élancé
L'éternelle plainte du violon de mon esprit
Semble vibrer d'une infinité de cordes
Dont les cris frémissent d'un profond mépris
Dont les pleurs saignent d'une triste miséricorde
Mes sanglots suivent le rythme des cuivres
Mon corps chasse leurs puissants émois
Il envie la puissance de leurs chants qui enivrent
Qui, en une note, détonnent: "Pauvre de moi!"
Puis, à travers toutes les clés de solitude
Retentit l'amour d'une seule clarinette
Tous posent leurs archets, se lèvent en multitude
Rient et s'enlacent à la beauté de cette scénette
La valse s'allège, mes pas sont adroits
Chaque arpège me fait virevolter et vriller
Et lorsqu'il n'y aura plus de notes en surcroît
La beauté de ce bois ne cessera de briller